Sylvana

Récapitulatif 
Nom : Sylvain, ou Sylvana
Camp :  Été
Inspirations :  Sylvanus (ou Sylvain), dieu de la Rome antique, tutélaire des forêts, et Selvan, divinité étrusque de la nature.
Son apparence : Habit élégant et richement fourni en végétation.  
Son attribut : Un tambour
Son attitude pendant le rituel de Beltaine : Puissante, calme, méticuleuse et maternelle
Les difficultés et challenges particuliers du personnage : Dépasser la vision culturelle “sauvage” et “pur” de la forêt et du végétal. 

Inspirations 

L’une des  inspirations du personnage de Sylvana, vient du dieu romain Silvanus, dieu tutélaire des champs et des forêts, particulièrement les frontières des champs. (2).  En effet, Dollabella, auteur mineur dans la Rome antique, affirme que Sylvanus déposait des pierres pour délimiter les champs. Ainsi, il pourrait être considéré comme le gardien du monde des forêts, mais aussi de la frontière entre la forêt et le monde domestiqué par l’humain (une première définition du “sauvage” et du “domestique”?). Sylvanus apparaît comme un vieil homme, mais joyeux et amoureux de Pomone, la déesse de l’abondance. Sylvana peut aussi être imaginée à partir de Selvan, divinité étrusque des forêts. L’écrivain Peter Dorcey nous raconte que le culte de Silvanus était très populaire auprès des esclaves, fermiers, soldats et mineurs, mais très peu chez les classes aisées et familles aristocratiques. SYlvanus apparaît dans le poème épique d’Edmund Spencer, The faerie Queen (1590–96), comme un “wyld woodgods” (Un esprit sauvage des bois).

Apparences et attributs de Sylvana 

Le tambour de communication

Le tambour est un des premiers attributs de Sylvana. Elle l’utilise pour réveiller les puissances cachées dans les végétaux en frappant sur la peau de son bâton. Plus qu’un rythme, le son du tambour est un langage que Sylvana utilise avec la forêts et les autres mondes : minéraux et animaux et champignons. Les vibrations du tambour se font ressentir par les racines sous la terre, mais aussi par les branches et fleurs et les herbes sous nos pieds. 

Une forme mi-humaine, mi-végétale

Sylvana étant elle-même le végétal, elle arbore ses formes multiples et changeantes. Au fil des saisons, le branchage au sommet de sa tête peut être nu, porter des fleurs, ou être verdoyant.  Sa démarche au pas peut être aussi lente qu’un arbre qui pousse, mais ses gestes aussi rapides qu’un oiseau en vol.  Elle prend facilement la forme d’un être humain, homme ou femme, lorsqu’elle se joint à eux, notamment pour la cérémonie des Feux de Beltaine, où son habit est fourni de feuilles, de fleurs, de fruits et de mousse, protégé par une cape secrète. Parfois un masque d’or couvre son visage d’écorce au milieu des parures vertes. 

Le culte de Sylvana 

Gardienne du végétal, de la connaissance et de l’écoute

Sylvana est le domaine végétal. Elle vit principalement dans les forêts, mais manifeste aussi sa puissance dans les montagnes, les prairies, mais aussi des champs, les parcs, les lierres et vignes grimpants d’une maison, les petites plantes sur les balcons… Silencieuse et puissante, elle connaît l’histoire des forêts, entend les racines qui bougent sous la terre, accompagne les vieux arbres proches de la mort, et guide les plantes naissantes. Elle écoute attentivement les sons des arbres discutant avec les vents, l’eau qui traverse les forêts, les animaux qui y bâtissent leur maisons, les insectes qui marchent sous la terre, et parfois les hommes qui vivent dans les bois. 

Avec l’aide des courageux et fiers Esprits de la Nature, elle communique avec les autres dieux en leur rappelant l’importance vitale du végétal. Elle veille à l’équilibre et n’hésite pas à se sacrifier pour la survie des écosystèmes riches et fragiles. Sylvana transmet la vie, la nourriture et la joie aux arbres, feuilles, branches, bourgeons, fruits et racines et les accompagne aussi vers leur mort, avant qu’Hella n’accueille leurs âmes. 

Gardienne d’un monde complexe, qui se domestique lui-même

Sylvana n’est pas une déesse spectatrice et détachée de son domaine. Elle est le végétal et agit activement au cœur de ses problématiques à régler. Mystérieuse et riche, la forêt n’est pas un havre de paix comme l’humain citadin s’imagine. C’est au contraire un lieu de nombreux conflits. Avec la force et la sagesse des esprits de la nature, elle doit maintenir un équilibre durable et précis entre les herbes, plantes, arbres, fruits, graines, racines, mais aussi insectes, rongeurs, humains… qui tous essaient de vivre et de survivre avec le végétal. 

Sylvana n’est pas le végétal “pur” et “non-corrompu par l’humain”. Sylvana est le végétal qui a sa dignité, ses règles, son langage, ses philosophies, ses émotions, ses dangers, ses remèdes et ses poisons. 

Elle protège des écosystèmes qui ont leurs forces, leurs faiblesses, leur histoire et leurs émotions.  Elle n’hésite pas à user de sa force pour combattre les actions excessives de l’humain envers les êtres du monde végétal. Mais elle lui rappelle aussi qu’elle n’est pas son ennemie, que l’homme fait partie de la nature, mais qu’il s’est simplement éloigné d’elle. 

Qui vénère Sylvana ? 

Elle est une entité représentative de la sagesse, de la connaissance méticuleuse et précise, de l’écoute, de l’attention et de l’action ! Les diplomates, parents, psychologues, chefs de projets, philosophes, chercheurs et professeurs ont tout intérêt à vénérer son image. Elle les guide à travers les chemins chaotiques et broussailleux de l’existence. La patience, la persévérance, l’humilité, l’écoute de l’autre mais aussi la communication, la quête de l’équilibre et de la sagesse, toutes ces vertus sont des chemins de vie que Sylvana laisse pour nous, dans les forêts chaotiques de nos esprits. À nous de chercher et de les trouver.

Un rôle clé auprès de la Reine de Mai

D’ostara à Beltaine

Préceptrice de la Reine de Mai, elle lui transmet sa sagesse, sa connaissance de chaque plante, chaque écosystème… Elle lui fait aussi comprendre l’importance de son rôle à jouer en tant que Reine avant que celle-ci ne reprenne son trône à Beltaine.

De Beltaine à Yüle

Sylvana garde un rôle discret de conseillère et de parente aimante, tout le long du règne de la Reine de Mai, jusqu’à Samain.

Lorsque les premiers vents de l’automne reviennent, Sylvana s’attriste. Elle sens que l’Hiver revient, et sait qu’elle est impuissante face au roi de l’Hiver. Tôt ou tard, elle devra laisser la Reine de Mai partir aux Enfers. 

On raconte qu’en dernier hommage avant son départ vers les Enfers, Sylvana demande aux arbres, de porter les mêmes couleurs des feux à Beltaine (le rouge, le jaune et l’orange) afin de célébrer une dernière fois, la majesté de la Reine de Mai, dont les forêts attendent impatiemment le retour.

De Yüle à Ostara

Quand l’Hiver arrive, Sylvana endort la terre, et les plantes, sous la neige. Comme une mère protégeant son enfant,  elle leur épargne les souffrances du joug du roi de l’Hiver, et s’endort doucement et profondément avec elles.

Aux premières lueurs de Février, on peut entendre parfois les premiers crocus, perce-neiges et cyclamens, venir réveiller doucement leur mère (comme les enfants réveillent leurs parents en week-end). Ils  l’avertissent que la Déesse mère porte la Reine de Mai à nouveau en son ventre. Alors très doucement, Sylvana se réveille, s’étire lentement, la terre encore gelée. Elle reprend finalement sa lente marche dans les forêts, les prés, les champs, en attendant la nouvelle Reine de Mai à Ostara.

Jusqu’à la fin…

Mais comme la forêt, Sylvana sait qu’elle n’est pas invincible. Elle maintient avec un équilibre fragile grâce aux esprits de la nature, avec l’espoir que l’humain élevé en son sein, reviendra vers elle avec respect et humilité. Porteuse de connaissance, elle sait qu’elle disparaîtra un jour, quand elle n’aura plus à jouer son rôle. Si vous voyez Sylvana, rappelez-vous de l’équilibre fragile dans lequel nous sommes et qu’il faut le préserver. 

Bibliographie 

Livres

Peter F. Dorcey (1992), The Cult of Silvanus: A study in Roman folk religion, E. J. Brill. 

Claude Lecouteux, Les nains et les elfes au Moyen Âge, Imago, 1988, 207 p

Dolabella. ex libris Dolabellae, dans « Die Schriften der rômischen Feldmesser », edité par Karl Lachmann, Georg Reimer ed., Berlin, 1848, p302

Internet

https://www.britannica.com/topic/Silvanus-Roman-god

https://en.wikipedia.org/wiki/Silvanus_(mythology)