Les sinistres

Qui sont les sinistres ?

Les disciples du Baron sont connus comme les Sinistres. Ce sont pour la plupart des hommes et des femmes qui se sont perdus. Le désespoir ou le vice les a aigri et leur a fait couler trop de larmes. Alors ils ont abandonné leurs maisons et leurs familles pour errer ensemble ou en solitaires. La nuit de Beltaine, les Sinistres défendent le camp de l’hiver. Certains ne sont pas des vivants mais des morts levés par le Baron ; ceux-là sont des princes antiques, rassemblés pour le seconder dans sa marche auprès du Roi de l’hiver.

Inspirations

Les Sinistres sont inspirés veuves noires et des furies, mais aussi d’autres figures morbides comme l’Ankoù ou la Sainte Mort. Ils incarnent nos passions morbides, en revanche, ils ne sont pas l’archétype gothique victorien. Nous rompons donc avec les chemises, vestons, corsets et collants
de dentelle. Nous affirmons à la place des costumes d’un passé lointain et sans âge. Les Sinistres, qu’ils soient modestes ou riches, ont des vêtements usés. Ce ne sont pas des dandys mais des pèlerins ou des princes extirpés de
tombes antiques.

Les costumes

Masque mortuaire de Khaemuaset, daté de 1279 à 1213 av-JC. Actuellement conservé au Louvre.

Les Sinistres sont endeuillés. Leur couleur dominante est le noir. Le blanc n’est pas proscrit, cependant, modérez son usage afin de ne pas confondre les Sinistres avec leurs pendants estivaux, les Belles de mai. Les autres couleurs sont à la discrétion de chacun mais pensez à les choisir délavées ;
le goût pour une couleur est moins important que son application par petites touches afin de laisser au noir sa prédominance.

Hommes comme femmes, favorisez pour les Sinistres de longues robes de deuil. Le costume peut demeurer sobre ou gagner en ampleur par l’ajout de fourrures ou de manteaux de voyage. Aux pieds, portez dans l’idéal des
sandales. À défaut, des chaussures noires peuvent convenir. Prenez garde cependant : si elles ne sont pas cachées par le costume, il ne faut pas qu’elles soient modernes.

Les Sinistres portent des masques mortuaires. Des tutoriels détaillés vous seront proposés pour leur réalisation et les chefs de groupe s’assureront de leur uniformité. Ceux-ci s’inscrivent dans deux traditions principales :

  • La tradition celte représente des visages stylisés ;
  • La tradition romaine fige, dans la cire ou le plâtre, des visages réalistes.

Items

Beaucoup de Sinistres sont à l’image des princes celtes enterrés avec faste. Favorisez pour eux le métal et l’orfèvrerie sans vous priver cependant de l’ambre, de l’os ou des plumes. L’orgueil des Sinistres est en partie dans leur
or ; sans être kitschs, n’hésitez pas à paraître riches. N’oubliez pas : plus vos bijoux paraissent anciens et patinés par les siècles, plus votre Sinistre sera
convaincant. La plupart des Sinistres portent avec eux des urnes funéraires, des récipients de céramique, de bois ou de verre. Avec, ils recueillent les cendres du Roi de l’hiver. Si vos urnes sont en verre, n’hésitez pas à les remplir de cendre, d’os ou de pièces avant même le rituel.
N.B. Les Sinistres ne sont pas des soldats et ne portent pas d’armes. Au moment de Beltaine, des torches seront à votre disposition.

Comportement pendant le rituel

Les Sinistres forment une procession cérémonieuse. Ils sont unis et marchent d’un même pas. À Beltaine, ils sont la garde rapprochée du Roi de l’hiver et du Baron auprès desquels ils se sentent bien. Ils menacent ceux
qui les approchent et maudissent ceux qui leur veulent du mal. À l’ouverture du rituel, les Sinistres condamnent à mort une ménade ; dans leur folie fanatique, ils jurent de l’immoler par le feu. Quand le Roi de l’hiver choit, les Sinistres hululent leur peur. Quand il est brûlé, ils pleurent et récupèrent ses cendres.

La lettre du sinistre avant son départ

La pluie brumeuse forme des nuages de mots à murmurer qui renvoient au
passé, au vide que le temps y a laissé. Un nœud dans le cou se propage au cerveau ; un creux dans le ventre me donne l’impression que moi-même je suis creux, un sac d’eau ruisselante sur un squelette spongieux. Comme un désir de rabattre ma calotte pour me rouler, à corps perdu, dans la crotte. Y trouver la plénitude de la boue contre le trop-plein d’amours fourre-tout. Et tout dans le paysage, les feuilles jaunissantes, les lampadaires allumés à 16 h — le jour y trouve ses derniers soleils ; il fait encore jour —, les musiques datées qui se croisent aux chansons d’actualité, tout cela me ramène à un brin de ce sentiment qui m’avait rendu le Baron nécessaire. Un terreau fertile aux amours absolus. Mais aujourd’hui tout a changé. La plaie des
amitiés brisées n’est plus sujette qu’à quelques songes à portées limitées : 24 h le rêve passé. Mes amours actuels ne sont plus de chez moi. Ils n’en ont pas ce gène essentiel qui les greffaient trop à moi. Maintenant plus apaisé je vis des sentiments plus simples. Je suis le voyageur. Appelle-moi pèlerin, trouve-moi sinistre, ça ne m’empêche plus de partir ; à l’ombre j’ai trouvé mon été.