Les Feux de Beltaine - Association loi 1901 RNA : W372013305

BELTAINE

Présentation générale

 

Beltaine, la célébration du 1er mai, est la fête aux origines les plus anciennes attestée en Touraine. Elle était l'une des quatre grandes fêtes du calendrier celtique et marquait la fin de la « saison sombre » et le début de la « saison claire ». Elle était de ce fait le théâtre d'une lutte symbolique entre les ténèbres de l'hiver et la lumière du printemps renaissant qui s'achevait par la victoire de la lumière et le « sacre du printemps », incarné par la belle reine de mai couronnée de fleurs. C'était également l'occasion de nombreuses réjouissances (danses, banquets, jeux, marchés, etc.).

 

Une fête ancienne et ancrée dans le paysage tourangeau

 

Le mot Beltaine possède la même étymologie que le nom du dieu gaulois Belenos (ou Bel) ou plutôt de sa parèdre Belisama, la déesse du feu (feu du foyer, mais aussi feu de la forge et plus généralement de la lumière). Littéralement, on pourrait traduire Beltaine par « Les feux de Belisama », car il est fort probable que la reine de mai d'aujourd'hui fut à l'origine une représentation de la déesse Belisama. En outre, il est à noter que cette même étymologie se retrouve dans les toponymes de certaines villes de Touraine, comme Ballan-Miré (Balamus au XIIIe siècle) ou encore Balesmes (commune intégrée à Descartes en 1966). La ville de Blois possède elle aussi, probablement, la même toponymie. Tous ces repères nous indiquent que cette déesse, et la célébration de Beltaine, devaient être très populaires dans notre région dès la plus haute antiquité.

 
Mais également une célébration universelle profondément inscrite dans le patrimoine immatériel de l'humanité

 

La fête de Beltaine n'est cependant pas une spécificité tourangelle : elle est (ou a été) fêtée dans de nombreux autres pays et régions : en Angleterre (Beltane), Ecosse (Là Bealltainn), Irlande (Lá Bealtaine), Île de Man (Laa Boaltinn/Boaldyn), etc. D'autres fêtes du 1er mai, un peu partout dans le monde possèdent en outre une même symbolique (lutte lumière/ténèbres et/ou couronnement d'une reine de mai) : en Allemagne (Walpurgis), dans les pays Scandinaves, Slaves, Baltes, en Méditerranée, à Hawaï et même chez les Esquimaux ! La fête de Beltaine est une célébration universelle profondément inscrite dans le patrimoine immatériel de l'humanité. Permettant, au même titre que les solstices & équinoxes, de marquer les grandes étapes de l'année, elle possède tout autant que Noël, Pâques ou Halloween une place fondamentale dans notre calendrier. C'est à cette reconnaissance que nous travaillons dans notre association.

 

Les éléments centraux de la fête de Beltaine

 

Le défilé

 

La célébration de Beltaine commence généralement par un grand défilé dans les rues de la ville auquel participent les élus, les confréries locales, les différents corps de métiers, les associations et plus généralement tous les gens qui font la vie de la commune. On y compte également les différents groupes de personnages qui participent directement à l'histoire de Beltaine. Du côté du printemps, il y a la reine de mai et son cortège de « Belles de Mai » (des jeunes filles en robe blanche couronnées de fleurs), les champions de la lumière en armures scintillantes, les « ménades », adeptes du bon Dionysos incarnant le feu de la vie et les esprits de la nature avec leurs beaux costumes faits de fourrures, de plumes ou de végétaux. Du côté de l'hiver, il y a le roi de l'hiver entouré de ses champions hivernaux, les  « Sinistres » (des sortes de vampires inquiétants au visage pâle), les effrayant Trolls (des créatures massives et brutales) et les « Bleus » (des esprits du froid aux corps recouverts de peintures bleues).

 
Le roi de l'hiver et ses servants ténébreux

 

Au début de Beltaine, le roi de l'hiver – maître du froid, de la nuit et de la mort – est encore sur son trône, régnant sur le monde comme un tyran absolu. Il est entouré d'une cour d'êtres maléfiques, incarnant les peurs les plus sombres de l'humanité, et est servi par toutes sortes de démons hivernaux. Mais ce sinistre sire est vieillissant et les rumeurs sur le retour de la reine de mai, l'ennemie jurée du monarque, commencent à circuler sur Terre, mettant en branle son autorité.

 

La reine de mai et ses champions

 

Telle la Perséphone grecque, la Reine de mai avait été vaincue et chassée aux enfers par le roi de l'hiver, lors de sa prise de pouvoir à Samain (la Toussaint), 6 mois avant Beltaine. Mais après un long hiver en tant que captive, elle parvient à s'échapper et à réunir ses « belles de mai » et ses fidèles, toutes sortes d'êtres beaux et lumineux, incarnant la vie, l'amour, la joie et l'abondance. Elle projette alors de détrôner le roi de l'hiver et de lui reprendre le pouvoir.

 
Le combat entre les ténèbres et la lumière

 

S'ensuit un combat épique lorsque les champions du roi de l'hiver rencontrent ceux de la reine de mai, un combat furieux au son des tambours, rythmé par les ruses et stratagèmes de chaque camp. A la fin de celui-ci, les héros de la reine de mai remportent la victoire : le printemps a gagné et l'hiver se rend.

 

Le grand bûcher

 

Vaincu, le roi de l'hiver est condamné au bûcher, lors d'un procès haut en couleurs. Les participants emportent alors une grande effigie de paille représentant ce dernier et la fixent tout en haut d'un bûcher préparé à cet effet. L'un des champions met alors le feu au bûcher sur demande de la reine de mai et, tandis que l'assemblée entonne des chants, cette dernière est assise sur le trône et re-couronnée. Alors commencent les véritables festivités : l'hiver n'est plus, tous peuvent se réjouir ! On danse autour du bûcher au son des instruments jusqu'à n'en plus pouvoir.

 

Le mât de mai

 

Le lendemain matin, sur les cendres du bûcher, on dresse la fameux mât de mai auquel on attache, tout en haut, la couronne de la reine de mai, symbole de son autorité retrouvée pour les 6 mois à venir. Alors de jeunes gens dansent autour du mât, enroulant des rubans à ce dernier. La fête recommence et se poursuit toute la journée.

Danses autour du mât de mai, Pays de Galle, 1909

Le banquet de midi

 

Le jour de Beltaine, à midi, on dresse un banquet rabelaisien représentant l'abondance retrouvée et célébrant les produits régionaux. C'est l'occasion pour tous de passer un moment convivial avec les gens de la commune, mais aussi de découvrir les producteurs locaux et de mettre ces derniers à l'honneur.

 

Les bouquets de mai et le lait de Beltaine

 

Des bouquets de muguet et de fleurs d'églantier sont distribués aux célibataires qui doivent l'offrir à quelqu'un qu'ils trouvent plaisant (et qui doit l'accepter). Ceux qui ne parviennent pas à trouver de partenaire, traditionnellement, reçoivent une « seillée » , c'est à dire un seau d'eau sur la tête ! Ceux qui, au contraire, se sont trouvés quelqu'un, sont invités à partager avec celui-ci un verre du « lait de Beltaine », le lait qui « porte chance » pour l'année à venir.